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contrat d'assurances, CPC & Associés

Contrat d’assurance : devoir d’information et de mise en garde de l’assureur

Le contrat d’assurance repose sur un équilibre délicat : en contrepartie du paiement d’une prime, l’assuré attend une protection adaptée à ses risques. Pour que cet équilibre soit respecté, le législateur et la jurisprudence imposent à l’assureur – et, le cas échéant, à l’intermédiaire – un ensemble d’obligations d’information, de conseil et de mise en garde.

Les manquements à ces obligations sont à l’origine d’un contentieux nourri. Ils peuvent entraîner la mise en cause de la responsabilité de l’assureur, une réécriture du contrat ou une indemnisation du préjudice subi par l’assuré. D’où l’importance, pour les acteurs de l’assurance, de sécuriser leurs pratiques.

 

Le cadre légal et jurisprudentiel du devoir d’information

Le devoir d’information s’inscrit dans un mouvement général de protection de l’assuré, qu’il soit particulier ou professionnel.

 

Information précontractuelle

Avant la conclusion du contrat, l’assureur doit fournir des informations claires et compréhensibles sur :

  • la nature des garanties proposées ;
  • leurs limites, exclusions, plafonds et franchises ;
  • les obligations de l’assuré (déclaration du risque, paiement des primes, déclaration de sinistre).

Cette information doit permettre au souscripteur de prendre une décision éclairée.

 

Information contractuelle et post‑contractuelle

Une fois le contrat conclu, l’assureur doit :

  • remettre un exemplaire complet des conditions générales et particulières ;
  • informer des modifications substantielles des garanties ;
  • rappeler, le cas échéant, certaines échéances ou effets juridiques (par exemple, non‑paiement de prime).

La jurisprudence rappelle régulièrement que la simple remise de documents volumineux, non mis en valeur, ne suffit pas toujours à démontrer la réalité de l’information.

 

Devoir de conseil et de mise en garde

Au‑delà de l’information, l’assureur – ou l’intermédiaire – peut être tenu à un devoir de conseil ou de mise en garde, particulièrement lorsque l’assuré est profane ou lorsque la situation le justifie.

 

Devoir de conseil

Le devoir de conseil implique :

  • d’identifier les besoins de l’assuré ;
  • de proposer des produits adaptés à ces besoins ;
  • de mettre en évidence les conséquences de certains choix (par exemple, franchise élevée, exclusions particulières).

 

Devoir de mise en garde

La mise en garde s’impose lorsque le produit choisi présente un risque particulier ou ne semble pas adapté au profil de l’assuré. L’intermédiaire doit alors attirer l’attention de ce dernier, de manière explicite, sur les limites de la couverture.

 

Jurisprudence : illustrations de manquements retenus

Les décisions de justice ont retenu la responsabilité de l’assureur ou de l’intermédiaire dans des situations telles que :

  • absence d’explication claire sur une exclusion majeure ;
  • absence de proposition de garantie nécessaire au regard de l’activité ou de la situation de l’assuré ;
  • défaut de mise en garde sur les conséquences d’un choix de produit manifestement inadapté.

Dans ces hypothèses, les juges ont pu :

  • condamner l’assureur à indemniser le préjudice subi par l’assuré, en réparation de la perte de chance d’être mieux couvert ;
  • interpréter le contrat en faveur de l’assuré ;
  • engager la responsabilité contractuelle de l’intermédiaire.

 

Bonnes pratiques pour les assureurs et gestionnaires

Afin de limiter les risques de mise en cause, plusieurs bonnes pratiques peuvent être mises en œuvre.

 

Formaliser l’information et le conseil

  • Utiliser des documents synthétiques (fiches d’information, documents de présentation) en complément des conditions générales.
  • Faire valider par écrit la réception et la compréhension des informations essentielles.

 

Assurer la traçabilité

  • Conserver les réponses aux questionnaires de souscription et les échanges avec l’assuré.
  • Documenter les recommandations et mises en garde formulées.

Adapter le discours à la qualité de l’assuré

  • Différencier l’approche selon que l’assuré est particulier, TPE/PME ou grand compte.
  • Tenir compte du niveau de sophistication du souscripteur.

 

L’accompagnement par un cabinet d’avocats

Un cabinet d’avocats spécialisé en droit des assurances peut intervenir :

  • pour auditer les parcours d’information et de conseil ;
  • pour revoir les documents précontractuels et contractuels ;
  • pour assister l’assureur ou l’intermédiaire dans la gestion des dossiers où la responsabilité est invoquée ;
  • pour défendre leurs intérêts en cas de contentieux.

 

Le devoir d’information et de mise en garde n’est pas une simple formalité : il conditionne la validité et la pérennité de la relation d’assurance. En sécurisant ses pratiques et ses documents, l’assureur se protège contre les risques de contentieux et contrat d’assurancesrenforce la confiance de ses assurés. L’appui d’un conseil externe constitue un levier efficace pour structurer cette démarche.

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Créé en 2005, CPC & Associés est un cabinet d’avocats « Boutique » spécialisé en Droit des Affaires.

Coordonnées

Arnaud Péricard avocat fondateur CPC & Associés

Arnaud Péricard

Fondateur, avocat associé

Avocat aux Barreaux de Paris inscrit depuis 1999
et de New-York depuis 2001

Langues

  • Français
  • Anglais
  • Espagnol

Compétences et domaines d’intervention

  • Fusions, acquisitions et joint-ventures
  • Droit des médias et des nouvelles technologies
  • Droit du sport et des médias
  • Droit public économique